Ousmane / Kvara : « Je sais qui est le meilleur joueur : mon ami »
À quelques semaines de la cérémonie du Ballon d’Or qui se tiendra le 26 octobre 2026 à Londres, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia se livrent. Deux coéquipiers qui ont partagé une saison exceptionnelle, faite de grands rendez-vous, de trophées et d’une complicité grandissante sur et en dehors du terrain.
Alors, lorsqu’on leur demande pour qui ils voteraient, chacun pourrait naturellement citer son propre nom. Aucun des deux ne le fait.
Le premier à prendre la parole est Ousmane Dembélé. Lorsqu’il évoque son coéquipier géorgien, le numéro 10 parisien ne cherche pas longtemps les mots pour expliquer ce qui l’impressionne chez lui : « Il a beaucoup de qualités. Je pense qu’il a un peu tout ce qu’il faut », explique-t-il, avant de souligner sa capacité à être présent dans toutes les phases du jeu, aussi bien lorsque le Paris Saint-Germain attaque que lorsqu’il doit apporter dans d’autres secteurs.
Une admiration que Kvaratskhelia lui rend immédiatement. Invité à choisir son vote pour le Ballon d’Or, le Géorgien désigne Ousmane : « Je voterais pour lui parce que la manière dont il joue, dont il aide l’équipe et dont il la dirige est vraiment importante pour nous. La façon dont il est, c’est incroyable. Nous sommes simplement très heureux de l’avoir dans l’équipe et de pouvoir le regarder jouer. »
Chez Kvara, l’admiration dépasse donc la simple qualité technique. Elle concerne aussi l’influence de Dembélé sur le collectif, son leadership et cette capacité à faire basculer les grands matches.
Pour illustrer cette influence, Kvaratskhelia n’a pas besoin de remonter très loin dans ses souvenirs. Il évoque spontanément l’un des moments les plus marquants de la saison : le penalty transformé face à Arsenal : « Pour moi, le plus important, c’était le penalty contre Arsenal. La confiance que nous avions en lui, à 1-0 en finale de la Champions League, il prend le ballon et il marque, sans peur. »
Un moment qui résume, à ses yeux, ce qui fait un joueur capable de prétendre au Ballon d’Or : la capacité à assumer la responsabilité lorsque tout se joue. Et pourtant, le Géorgien ne s’arrête pas là. Il se souvient également du but inscrit par Dembélé face à l’Olympique de Marseille en Ligue 1 : « C’était un but incroyable. J’étais sur le banc et je me suis dit : “Wow, comment fait-il ça ?” Mais chaque but qu’il marque est incroyable. »
Une déclaration qui en dit finalement beaucoup sur le regard que Kvaratskhelia porte sur son partenaire. Lorsqu’on lui demande quelle qualité du jeu de Dembélé il aimerait lui prendre, le choix devient presque impossible : « Il a tellement de qualités que je ne sais pas laquelle choisir. Peut-être sa manière de jouer avec les deux pieds, et la façon dont il accélère avec le ballon. Quand il commence à courir avec le ballon, il est impossible à rattraper. »
Puis il résume simplement : « Il est rempli de qualités. »
Cette admiration fonctionne dans les deux sens et contribue aussi à expliquer la qualité de leur association sur le terrain. Ousmane rappelle d’abord que leur complicité ne date pas uniquement de leurs premiers matches ensemble. Les deux joueurs ont rapidement trouvé leurs repères, y compris en dehors du terrain : « C’est facile de jouer avec un joueur de cette qualité. »
Une simplicité que Kvaratskhelia décrit lui aussi. Pour lui, leur compréhension mutuelle repose autant sur leur relation humaine que sur leurs qualités footballistiques : « Nous nous comprenons très bien, même en dehors du football et sur le terrain. C’est vraiment facile de le comprendre dans sa façon de jouer. »
Le Géorgien sait notamment qu’avec Dembélé, un mouvement peut suffire : « Quand tu fais un mouvement, tu sais qu’il peut te donner le ballon où que tu sois, et tu peux te retrouver seul face au gardien. Avec ses qualités, il faut être prêt à chaque instant. »
Une lecture du jeu qui explique cette impression de fluidité lorsque les deux hommes combinent. Pas besoin de longs échanges : les déplacements, les accélérations et les passes se répondent presque naturellement.
Cette proximité rend leur positionnement autour du Ballon d’Or d’autant plus intéressant. Car malgré leur statut de prétendants, ni l’un ni l’autre ne semble vouloir transformer la distinction individuelle en sujet personnel. Kvara est clair lorsqu’on lui demande s’il pourrait remporter le trophée : « Il y a vraiment des joueurs extraordinaires parmi les prétendants, et c’est un vrai plaisir d’être dans cette course. » Mais, immédiatement, il recentre la discussion sur ce qui compte pour lui depuis son arrivée à Paris : continuer à progresser, rester affamé et surtout gagner encore des trophées avec le Paris Saint-Germain.
Dembélé tient un discours similaire. Sa saison individuelle, il ne la nie pas. Mais lorsqu’il regarde derrière lui, ce qu’il retient avant tout, c’est le succès collectif. « Le plus important, c’était la victoire avec le Paris Saint-Germain. »
Une philosophie qui explique aussi pourquoi aucun des deux ne cherche à faire campagne pour lui-même.
Lorsqu’on lui demande si le fait de ne pas se mettre en avant pour le Ballon d’Or participe à préserver l’esprit collectif du Paris Saint-Germain, Khvicha répond avec un sourire, mais aussi avec une vraie simplicité : « Personnellement, je sais qui est le meilleur joueur. Mon ami. »
Pour le reste, il estime que le choix appartient aux votants. Lui préfère ne rien changer à ce qui a permis au groupe de vivre une telle saison : « Nous voulons simplement continuer à travailler dur. Nous ne voulons pas changer à cause de notre succès ou de notre saison. Nous voulons rester les mêmes. »
Et lorsqu’il parle de Dembélé, le Géorgien insiste précisément sur cette constance : « Sa personnalité est vraiment différente de celle de tout le monde. Il reste toujours le même. C’est un exemple pour moi. Alors je veux être un bon exemple aussi et je reste silencieux. »
Une déclaration qui trouve un écho particulier chez Dembélé, lui qui connaît désormais l’exposition qui accompagne un Ballon d’Or.
Lorsqu’il revient sur sa propre cérémonie, l’attaquant parisien évoque évidemment une soirée particulière, entouré de ses proches, de ses amis et de toutes les personnes qui ont compté dans son parcours : « C’était une soirée incroyable. Je me rappelle de cette soirée avec tous mes proches, tous mes amis… Ça a changé ma vie. »
Mais le trophée n’a pas changé son approche : « Le regard des autres peut changer, mais personnellement, je suis toujours resté concentré, toujours la même personne. »
C’est précisément cette attitude que Kvaratskhelia dit admirer chez son coéquipier. Et lorsque vient le moment de parler de sa propre candidature, Dembélé conserve la même ligne : pas de campagne, pas de grandes déclarations, simplement l’envie de continuer à avancer : « C’est un événement. Mais je suis concentré, tranquille. Je n’ai pas besoin de parler. »
L’entretien aurait pu opposer deux candidats. Il raconte finalement autre chose : deux joueurs qui se respectent, qui se mettent mutuellement en valeur et qui, lorsqu’ils parlent de leur saison, reviennent inlassablement au même point de départ. Les grands matches. Les trophées. Les émotions partagées. Les supporters, le Parc des Princes. Et cette volonté de continuer à gagner ensemble. À quelques semaines du verdict, chacun a donc son regard sur l’autre. Mais lorsqu’ils parlent du Paris Saint-Germain, leurs discours se rejoignent.
Le Ballon d’Or est individuel. Leur saison, elle, ne l’a jamais vraiment été.