Le jour où Paris affrontait Caen en Coupe de la Ligue
En ce samedi 17 octobre 2026, le Paris Saint-Germain Handball s'apprête à défier les Vikings de Caen pour la première fois de son histoire en championnat. A cette occasion, replongez-vous dans le premier duel entre les deux formations, il y a presque 10 ans jour pour jour, à l'occasion d'une folle rencontre de Coupe de la Ligue.
Nous sommes le 30 octobre 2016. Quelques semaines après avoir décroché son troisième Trophée des Champions en s'imposant face à Nantes en finale (35-26), Paris s'apprête à débuter sa campagne de Coupe de la Ligue. Pour sa 16e édition, la compétition a changé de format, incluant désormais l'ensemble des clubs de Proligue à la suite de l'adhésion du championnat de seconde division à la Ligue Nationale de Handball, qui organise ce tournoi.
Exempté de premier tour en raison de sa participation au Trophée des Champions, Paris entre en lice pour les huitièmes de finale. Les hommes de Zvonimir Serdarusic sont déterminés à bien figurer dans cette compétition, la seule que le club de la capitale n'a jamais remportée au moment du récit. Le tirage au sort effectué le 15 septembre 2016 par l'ancienne handballeuse internationale française Véronique Pecqueux-Rolland annonce pour nos Rouge et Bleu un duel à domicile face au Caen Handball.
La formation normande est encore assez méconnue sur la scène nationale. Pour cause, les Vikings évoluaient encore en sixième division en 2010 et viennent d'être promus dans l'antichambre de l'élite pour la première fois de leur histoire. Profitant de la réforme de la Coupe de la Ligue, les hommes de Dragan Mihailovic ont créé l'exploit lors du premier tour, en faisant chuter à domicile Sélestat, pensionnaire de Starligue (31-28).
Ainsi, après cette qualification historique, les Normands sont censés se déplacer à Paris dans le cadre des huitièmes de finale, ayant été tirés en second. Cependant, les dirigeants caennais ont bien l'intention d'accueillir ce qui s'annonce comme le plus grand match de l'histoire du club. Débute donc un chassé-croisé improbable pour convaincre leurs homologues franciliens, mais également l'entraîneur Zvonimir Serdarusic de délocaliser cette rencontre non pas à Caen, mais à Rouen, au sein du Kindarena. Une option à mi-distance pour les deux formations, et offrant une capacité supérieure à ce que la ville de Caen peut offrir.
Le Stade Pierre de Coubertin étant réquisitionné pour les Internationaux de France de badminton à la date prévue pour ce huitième de finale, les dirigeants parisiens doivent ainsi décider entre jouer dans la Halle Georges-Carpentier, d'une capacité légèrement inférieure à 5000 places et qui ne sera probablement pas remplie, ou inverser la rencontre dans le Kindarena, qui peut accueillir 5500 personnes.
Après des négociations entre toutes les parties pendant près de trois semaines, la décision est actée début octobre : le Paris Saint-Germain Handball défiera Caen dans la ville aux cent clochers. En l'espace de seulement trois heures, les 5500 billets sont vendus et le rendez-vous est donc pris pour cette belle fête du handball.
Le jour du match venu, l'ambiance est électrique à Rouen. L'effectif parisien est au complet pour cette affiche et le public normand se languit d'observer celui qui a été nommé meilleur joueur du monde quelques mois plus tôt, Mikkel Hansen, ainsi que plusieurs piliers de l'équipe de France comme Thierry Omeyer, Nikola et Luka Karabatic, Luc Abalo, Daniel Narcisse ou William Accambray. À ce beau contingent s'ajoutent l'actuel entraîneur adjoint du club de la capitale, Henrik Mollgaard, l'international croate Luka Stepancic et deux Titis, Benoît Kounkoud et Jeffrey M'Tima.
Après avoir fait tomber Sélestat, Caen croit en sa bonne étoile et montre les muscles d'entrée de jeu. En tête après dix minutes, les Normands enflamment leur public. Zvonimir Serdarusic n'apprécie pas ce qu'il voit et pose à ce moment-là son premier temps mort (10e : 5-2). Dès lors, le retour à la réalité est brutal pour des Vikings secoués par une véritable tempête. En l'espace de vingt minutes, Thierry Omeyer, fort de dix arrêts en première période, et le collectif Rouge et Bleu remettent les pendules à l'heure et viennent créer un écart déjà quasi définitif à la pause (30e : 8-18).
Si Omeyer est resté sur le banc en seconde période, cela n'a pas pour autant tourné à l'avantage des Normands. Car la nouvelle recrue parisienne Gorazd Skof assure également dans les cages, tandis que les autres néo-Parisiens déroulent en attaque à l'image d'Uwe Gensheimer (6 buts), Jesper Nielsen (4 buts) ou Nedim Remili (3 buts). En totale confiance, les hommes de Zvonimir Serdarusic livrent un véritable récital et semblent même en mesure de signer la plus large victoire de leur histoire (48e : 14-30), avant que les locaux ne montrent un sursaut d'orgueil dans les dernières minutes (60e : 27-39).
Au buzzer, la joie est présente des deux côtés, et tout le monde a réussi son pari, entre qualification pour les uns et étoiles dans les yeux pour les autres. Parisien entre 2010 et 2013, Rudry Nivore salue ses anciens coéquipiers, tandis que Denis Serdarevic, le portier normand, échange quelques mots avec Thierry Omeyer. Des conseils peut-être, qui aideront le gardien français à poursuivre sa progression jusqu'à trouver sa place dans l'élite, lui qui garde désormais les cages de Sélestat.
En ce qui concerne nos Rouge et Bleu, cette entrée en lice restera dans les mémoires. Quelques semaines plus tard, à l'issue d'un derby remporté sur le fil face à Créteil (38-37) en quarts de finale, les hommes de Zvonimir Serdarusic décrocheront leur billet pour le final four à Reims en avril 2027. Là, au sein de la cité des rois, Paris se verra décerner la seule couronne qui lui manquait grâce à ses victoires face à Saint-Raphaël (32-31) puis Nantes (31-27).
Dix ans plus tard, Caen a bien grandi et s'apprête donc à vivre, de nouveau, l'un des plus grands matchs de son histoire. Après la Coupe de la Ligue en 2016 et la Coupe de France en 2025, place à un premier duel en championnat, dans l'enfer du Palais des Sports Caen La Mer.